Accueil - Livres - BibliographieActualité - Événements - Entretiens - Distribution - Contacts - /FaceBook

   

On dirait le Sud

 

 


Dans un désert de non-sens, Zaïna, Iness et Neil errent, sans boussole, sur des strates escarpées à double voie –un aller sans espoir, un retour sans mémoire – à l'affût de leurs rêves et cauchemars, le point B114 étant leur seul repère.

 

« À peine arrivés dans ce monde, ces égarés ne peuvent plus s’en échapper. Alors commence pour eux le voyage perpétuel, une quête qui s’effectue dans la fougue et l’audace, dans la beauté et la résolution ; un périple désespérant, idéaliste, intérieur, où le dedans est dehors et le dehors est ailleurs. L’envoûtement est immédiat, les captifs de cet univers se retrouvent prisonniers de leur propre destin ; le sable, le soleil et le vent ne sont que leurs geôliers. »

 

Avec une feintise et une dérision assaisonnées d’un verbe cru et de mots baladeurs, le monde fantastique de Djamel Mati continue à nous traquer jusqu’aux fins fonds de nos propres appréhensions. Dans « On dirait le Sud », l’auteur revisite les déserts et les sens pour conjurer les thèmes de la recherche de soi, de l’alter ego et des amours absolues.


 

          

Les lagons chimériques.

Les lagons bleus, où se reflètent les rêves des hommes, sont des chimères colportées par la canicule qui régente les contrées ingrates du désert. Tous les espoirs se noient dans ces éphémères écumes réverbérantes, leurs reflets sont sublimes et irréels. Le sublime est à l'intérieur tout comme l'irréel ; un intérieur qui se fond dans la complexité d'un monde étrange et bien réel. - Les mirages réfléchissent les désirs sans jamais les offrir. 

Le vent violent, brûlant et sec, efface les traces de pas des voyageurs et retrace de nouveaux contours sur le dos des dunes ; grains après grains, elles prennent une nouvelle forme avec la complicité du sirocco en surface. Les reliefs se dessinent dans des formes venant d'un autre âge et se dressent majestueusement sur une toile aux couleurs changeantes. Ici c'est le regard qui transporte l'esprit dans le jeu de la lumière et de l'ombre. Le minéral règne en maître, prenant en otage l'homme et la flore. Toutes les vies semblent figées ; une inertie qui agonise, mais ne meurt jamais. La rénovation du désert s'accomplit dans la lenteur. Le temps se perd languissamment dans cet immense sablier qui distille avec parcimonie les minutes, les saisons, les siècles. Les gens d'ici ou de passage ne comptent plus sur ce temps pour vivre ou suivre leurs chemins. À peine arrivés dans ce monde, ces égarés ne peuvent plus s'en échapper, alors commence pour eux le voyage perpétuel, une quête qui s'effectue dans la fougue et l'audace, dans la beauté et la résolution ; un périple désespérant, idéaliste, intérieur, où le dedans est dehors et le dehors est ailleurs. L'envoûtement est immédiat, les captifs de cet univers se retrouvent prisonniers de leur propre destin ; le sable, le soleil et le vent ne sont que leurs geôliers.

Ainsi va la vie dans ce désert des hommes et celui du temps : âpreté de l'existence et quiétude de l'esprit ; douces illusions chimériques et dures réalités initiatrices, mystère des hommes et magie du temps. C'est dans ces lieux que se noue et se dénoue l'intrigue des âges les plus reculés. Une intrigue qui est à l’origine du Tout et se trouve être le sceau de toutes choses : cette loi régente l'histoire des hommes....

 


 

gile.

 

 

 

 

Djamel Mati (c) 2016